23 février 2008
Je l'avais dit...
... mais personne ne m'écoute.
J'avais dit "aller voir La graine et le mulet". Mais non, on m'a rétorqué "oui un film sur le couscous au poisson ça craint". T'as beau leur dire que c'est un Amélie Poulain provincial, on stigmatise le manque d'histoire. On me dit "ça va être encore comme Keane, il se passe rien", mais si! Il se passe plein de choses dans la Graine et le mulet. C'est drôle c'est triste, c'est émouvant, c'est tout. Et surtout c'est VRAI. je ne dis pas que c'est vrai ce que je vient de dire, je dis que ce filme sonne vrai. Les personnages, les réactions, les dialogues. C'est comme un film de famille. Mais maintenant que la Graine... a reçu les honneurs de l'académie des Césars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur espoir féminin, meilleur scénario), il est trop tard. Vous aller passer pour des ringards qui n'ont pas vu venir le buzz. le film est hype, il est déjà trop tard.
Alors là, si je vous dit d'aller voir Juno, vous aller geindre, un film sur une fille de 16 ans qui est enceinte, génial. Mais tenez-vous bien, oui, c'est génial. Des dialogues croustillants, jubilatoires. Des personnages entiers, drôles, humains. Alors allez-y, allez-y avant qu'il ne reçoive une pluie d'Oscars. Je suis près a vous rembourser votre place si vous ne riez pas une fois.
13 février 2008
Places I remember
On sonne à la porte.
Je cours, j'ouvre, c'est BB, comme d'hab.
"On va faire du vélo?"
"D'accord"
Je grifonne un mot sur un bloc "je suis parti faire du vélo avec B."
Je sors mon bicross rouge et blanc, à roues dépareillées (une rouge, une blanche).
BBa son VTT high-tech avec des vitesse Shimano et tout et tout. Moi je galère pas mal sans dérailleur. Mais je m'en fous, on s'amuse. On s'arrête chez BN, celui-aux-oreilles-décollées-qui-se-les-est-fait-recoller. Son
clebs me mords la main, comme d'hab ... ou me fout sa truffe au cul. Je hais ce chien. BN est partant aussi, bien-sûr. Il prend son vélo. On y va. Au cul de sac, on s'arrête, on passe la barrière peu à peu envahie de ronces. On s'arrache un peu les jambes, mais tant-pis. On va au bord du ruisseau qui fait une espèce de marre près de la bouchure. Des fois on y jette des bâtons. C'est un peu nos bateaux-miniatures-dans-une-fontaine-au-Jardin-du-Luxembourg à nous. Quand on fait ça, on revient souviens dégueulasses, les groles trempées.
On monte la côte jusqu'à la ferme abandonnée, en on redescend à fond sur les caillasses.
On continue le tour du quartier, par les Charcants. On fait pas trop la course, on est plus du genre a slalomer sur le chemin, ou à se frotter les roues pour s'envoyer dans le fossé.
Quand on arrive aux virages, on fait un peu attention, comme nos mères nous l'ont conseillé maintes fois. "-Vous faites attention dans les virages aux Charcants" "-oui oui"
A la croix, on mate chez ceux qui se sont fait construire un manoir, il ont une marre qu'on aimerait bien voir transformé en piscine. En fait on serait pas invité dans la piscine, ça ne changerait rien, mais on pourrait jaser là-dessus. On rentre par la voie ferrée désaffectée, et pourtant, on a pas trop le droit, mais c'est tellement mieux que longer la nationale. "Faites attention quand il fait chaud, il y a des vipères" "oui oui".
On descend du talus de la voie ferrée en face de chez moi. Comme ça on peut causer aux Michel, s'ils sont là. Enfin on se fout un peu de leur gueule, ils sont un peu gogols. Mais bon, on joue quand même des fois avec eux. Ils nous racontent leurs dernières inventions sur la vieille sorcière d'en face. On a un peu les boules d'aller chercher les balles et ballons qui volent fréquemment dans son jardin. Il aprait qu'elle arrose son jardin avec sa pisse.
Finalement, on rentre chez BB, on joue à la Megadrive, ou alors chez BN pour jouer à la SuperNes.
On est là, on a 10ans, on sait pas encore qu'on va diverger et plus se revoir dans 6-7 ans. Et pourtant, c'était prévisible. Déjà, on ne se ressemble pas. Je suis l'intello, c'est clair, pas casse-cou, pas aventurier, déjà un peu souffre-douleur. BB c'est l'inverse. Pas scolaire pour un sou, toujours dehors, toujours à bricoler, rêvant de mobylette. BN c'est un cas plus classique, à mi-chemin entre nous. Bridé par sa mère, ça sera un ado bravant les interdits en cachette. C'est un peu un mec qui essaie de se la jouer cool, qui n'hésitera pas a trahir pour rejoindre le plus cool des groupes, et il finira toujours par être le boulet de ce groupe. Pas assez cool.
Les lieux on bien changés. Plus de marre en bas du ruisseau, elle s'est réduite comme peau-de-chagrin. La barrière n'est même plus visible à travers les ronces. Elle a été remplacée par un portail en métal. La ferme n'est plus abandonnée. La voie-de-chemin de fer n'a plus ses rails et ses traverses, c'est un chemin mal-entretenu. Le pont-de-chemin-de-fer qui menaçait de s'effondrer et qu'on adorait traverser malgré l'interdit a été rasé. Les remplaçants des Michel prennent le talus pour un dépotoir. La vieille sorcière est morte, la marre n'est toujours pas devenue une piscine, les chiens de BB et BN sont morts, ils sont partis. Moi aussi.
06 février 2008
Around the (french) world
Encore une foie une absence injustifiée. Mais si, j'ai un mot d'excuse dans mon carnet de correspondance. Si, regarde c'est écrit "Cacao trop chaud". (Comprenne qui pourra).
Une abssence qui ne s'explique en tout cas par mon incroyable présence au travail, vu que je suis en vacances pour quinze jours, car je n'ai pas réussi à prendre pendant mon année de contrat (qui s'achève dans quinze jours) les 50 jours de congés/RTT obligatoires. Alors je me rattrappe.
Par contre, on peut mettre mon absence sur le Mblog (M comme Mono ou Moi) sur le dos de mon hyper-présence dans les trains de la SNCF et dans les destinations de ces trains.
Ecoute bien cher public lubrique :
Il y a 10 jours, j'étais à Besançon (la Dijon-du-pauvre), pour dire un au revoir émouvant à Mr.H., qui est parti il y a 8 jours vers d'autres cieux (voir la nouvelle bannière du KBlog pour comprendre). D'autres cieux bien lointains encore, et le calcul fatal : 2/1.5, soit deux rencontres avec Mr.H en un an et demi, ce qui est fort peu. M'enfin, vole petit H, vole, ne te retourne pas sur ceux qui t'attendent ici.
Ce WE-là s'est reformée la turbulente colocation du 4 rue Melzet. Turbulente, grossière, scandaleuse, bref, jubilatoire. Une réunion au sommet (du Mont-d'Or) à base de "j't'emmerde" "ta gueule" "trop moche la vieille" "je suis sûr que sa mère est empalée sur un poteau au sommet du Mont-d'Or" et autres joyeustés. N'oublions pas le concours de cascade en terre jurassique, Mr.H remportant la palme de la chute-comme-dans-les-films (deux jambes en l'air, droit sur le cul. Et moi-même remportant la palme de la chute-du-pingoins-qui-glisse-sur-la-banquise. Repensons avec delectation de toutes cette nourriture à base fromagère.
S'en suit une semaine bien fade, à boucler tout avant les vacances, et à recevoir des fleurs de son chef en entretien individuel (et pourtant je ne suis pas passé sous le bureau)... Une semaine que l'on termine à midi, le vendredi.
Et un WE qui commence par une course effréné à travers Aix pour chopper le bus, comme d'hab. Car il ne faut pas être ne retard d'une minute pour un trajet de sept heures, c'est là toute l'ironie.
Un trajet Aix-AixTGV-Lyon-Chambéry-Albertville-CrestVoland. La dernière étape en taxi après 1h30 d'attente dans la charmante bourgade d'Albertville. Mais ca vallait le coup. Ca vallait le coup de faire la surprise au Quebecois-de-service pour son quart de siècle (tiers de vie?). Une grosse ambiance de chalet, la nuit savoyarde sous la neige, les guerres de balles de neige, le feu de cheminée qui pousse la température à 40°C, les récits de guerre (18-37 , 18-40, comprendra qui pourra), des indigestions de quatre-quarts, de bonnes sensations à ski, de belles photos en raquettes, de belles frayeurs, l'appareil-photo dans la neige fraîche, une n-ième course pour un train, et le retour chez Papa-Maman-les-vaches.
Et des perspectives pour la semaine à venir : Bâle, Paris, Rennes. Quelle folie!









